Si le cinéma est source d’émotion, de souvenirs, de symboliques, il y a un moment que tous les cinéphiles connaissent par cœur : l’apparition au début de la séance du Petit Mineur ! Ce personnage, avec sa cible, est une image forte du cinéma. Marc Dingreville nous raconte son histoire !

L’histoire du Petit Mineur par Marc Dingreville

Jean Mineur a décidé dans les années 20 de miser sur le cinéma et la publicité, en incitant les annonceurs et les exploitants de salle à s’associer. La formule fait mouche, et il décide rapidement de trouver une mascotte. C’est là que l’idée d’un personnage représentant un mineur lui vient en tête. Ce choix n’est pas anodin puisqu’il rappelle les origines du Nord de Jean Mineur et est un clin d’œil à son nom de famille. 

Le premier mineur est alors dessiné en 1934 par Lucien Jonas, avec une « gueule-noire » et sa pioche, à l’image des mineurs. Mais la guerre passe par là, et les Français ont envie de légèreté, d’enthousiasme. Albert Champeaux dessine alors en 1951 un personnage plus chaleureux, plus jeune. C’est le petit mineur que l’on connaît aujourd’hui ! Champeaux réalise également un générique, avec une musique de René Cloërc, et le célèbre indicatif « Balzac 00 01 ».

Si le personnage n’a guère évolué, les génériques ont connu quant à eux plusieurs versions, notamment celle de Sempé en 1962 où le petit mineur rate pour la première fois sa cible ! Les placements de produits commencent aussi à apparaître, les marques souhaitant être associées à l’image du petit mineur, devenu une véritable icône du cinéma. 

Le petit mineur, icône chère au cœur des cinéphiles

En 1971, Médiavision naît de la fusion entre Jean Mineur-Pathé Cinéma et Cinéma & Publicité. Stupéfaction des spectateurs, le petit mineur disparaît des écrans ! Après de nombreuses revendications, il revient finalement en 1982, avec quelques nouveautés.

L’apparition de la 3D vient aussi jusqu’au petit mineur qui se met en 1998 à surfer sur un ticket de cinéma pour décrocher son tir entre les portes ouvertes d’une salle de cinéma.

Véritable icône, le petit mineur continue à ravir les spectateurs par sa jeunesse, sa fraîcheur. Il symbolise surtout, comme nous l’explique Marc Dingreville, le début imminent du film pour lequel ils sont venus, et ils ne peuvent s’empêcher de prononcer les chiffres inconsciemment mémorisés du numéro de téléphone de Médiavision, « 01 47 20, zéro, zéro, zéro, un ».