Malgré une baisse de fréquentation entre 2016 et 2017, le cinéma se porte plutôt bien en France. Retour sur les chiffres clés du secteur avec Marc Dingreville, directeur du Cinéma de Domont.

Des Français passionnés par le cinéma

Les Français sont cinéphiles. C‘est notamment ce que montre un rapport sur le bilan 2017 dans les salles du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). On remarque que la France est en haut du podium européen concernant le nombre d’entrées par habitant. Elle se place devant le Royaume-Uni, l’Allemagne, et l’Espagne.

De plus, les Français assistent en moyenne à 3,3 séances par an, contre seulement 1,5 en Allemagne. Ce chiffre est toutefois à nuancer. En effet, il varie grandement en fonction des départements et du type de salle. Par exemple, on constate que les habitants de la région parisienne sont habitués aux salles obscures avec 10,82 séances en moyenne par habitant. De même, le Vaucluse, le Rhône, la Haute-Garonne et la Loire-Atlantique se place en haut du classement. Par contre, dans l’Ariège, en Ardèche et en Haute-Corse, les habitants ne vont qu’un peu plus d’une seule fois par an au cinéma.

Une économie toujours florissante

Malgré la hausse du prix de la place de cinéma (il y a dix ans, il fallait débourser 6 euros en moyenne pour voir un film en salle alors que maintenant le prix se situe plutôt autour des 6,59 euros), les spectateurs sont toujours aussi nombreux.

Autre signe qui témoigne de la bonne santé de cette économie : le secteur a connu plus d’ouverture d’écrans que de fermetures (138 contre 71). Marc Dingreville nous fait remarquer que cette situation profite surtout aux multiplexes, les grands cinémas qui possèdent plus de 8 écrans. En effet, sur ces 138 ouvertures, 90 sont imputables aux multiplexes.

D’ailleurs, ses établissements réalisent le plus gros des entrées. Pour seulement 218 multiplexes sur 2046 cinémas en France, ils représentaient 60% des entrées en 2016. A contrario, les cinémas Art et Essai, qui représentent pourtant 60% du parc cinématographique, ne réalisent que 30% des entrées.

Grâce à cette enquête on constate que le secteur cinématographique français se porte très bien. Il se place même en première position au niveau européen. Tous ces chiffres viennent même contredire l’affirmation que les sites de streaming légaux et le téléchargement illégal sont néfastes pour l’industrie du cinéma. En effet, avant toute chose, les personnes se dirigent vers les salles obscures pour passer un bon moment entre amis ou en famille. C’est un loisir avant tout.