Le mal de mer touche tout le monde et les skippers et navigateurs professionnels ne sont pas immunisés. Pour éviter d’avoir le mal de mer, les skippers recommandent de respecter la règle des 3 F : éviter d’avoir trop faim, ne pas avoir froid et ne pas être trop fatigué. Si l’on combine ces trois facteurs, en général, on ressentira le fameux mal de mer. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’au départ d’une course, les skippers soient malades. Cependant, au bout de trois jours, les choses s’améliorent. Frédéric-Pierre Vos, passionné de voile sportive, nous explique d’où vient le mal de mer.

D’où vient le mal de mer ?

Le mal de mer provient d’un conflit entre les différentes informations sensorielles que notre cerveau reçoit. Il y a, tout d’abord, les informations visuelles : nous voyons la coque du voilier qui tapent sur les vagues. Mais ce n’est pas tout, puisque pour garder l’équilibre sur un bateau, notre cerveau utilise d’autres sources que nos yeux. D’abord, il met à contribution tous les muscles du corps. Des récepteurs détectent en permanence toutes les contractions musculaires et en informent aussitôt le cerveau. Il y a aussi des capteurs situés sous la voûte plantaire qui indiquent en permanence l’état de contact avec la surface d’appui. Enfin, très important, les informations en provenance de notre oreille interne. Cette dernière nous renseigne sur les accélérations que subit la tête (accélération verticale, horizontale ainsi que dans les différents axes de rotation de la tête). Grâce à toutes ces informations, notre cerveau ajuste en permanence notre posture pour garder l’équilibre et s’adapter aux mouvements du bateau.

Seulement, coordonner toutes ces informations n’est pas chose aisée. En effet, cette belle mécanique a parfois des ratés et les informations perçues par le cerveau lui paraissent alors contradictoires. Dans ce cas, on est atteint de nausée. Les symptômes peuvent même être un peu plus grave et les navigateurs peuvent être atteints d’étourdissement. Cependant, avec le temps et l’habitude ces symptômes diminuent.

Les bateaux étant de plus en plus rapides, il n’est pas rare que les skippers doivent s’amariner, c’est-à-dire se réadapter aux conditions du grand large pour éviter le mal de mer. Le principal pour ces professionnels de la navigation est de vite s’amariner pour pouvoir courir au maximum de leur forme.